Le Liban dans l’ordre juridique international

Alors que le spectre de la guerre paraissait s’éloigner, le Liban se retrouve plongé dans la tourmente. Au citoyen désemparé, la légalité internationale parut offrir un refuge ultime.

Le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, le 2 septembre 2004, la résolution 1559 qui enclencha un processus devant aboutir, fin avril 2005, au retrait des troupes syriennes du Liban, après près de trente ans d’occupation. Dans l’intervalle, un attentat coûta la vie à un ancien premier ministre et provoqua une onde de choc apaisée, pour un temps, par l’accord qui réunit majorité et opposition, en faveur de la création d’un tribunal à caractère international pour en juger les auteurs.

Au cours de l’été 2006, un déluge de feu s’abattit sur le Liban. La communauté internationale suivit pendant un mois le spectacle de mort puis réagit par l’adoption, le 11 août 2006, de la résolution 1701 de l’ONU, appelant à la cessation des hostilités.

Alors que la diplomatie suivait son long cours, les Libanais s’interrogeaient sur les voies de recours possibles devant les juridictions internationales. Fallait-il regretter que le Liban n’ait pas ratifié le Statut de Rome créant la cour pénale internationale ? À quel degré le Liban doit il ou peut-il s’engager dans l’ordre juridique international ? Dans un monde gouverné par la violence, les instruments juridiques offrent-ils des garanties ?

Si le politique domine le juridique et peut-être le détermine, dans l’ordre interne comme dans l’ordre international, sur quelles valeurs se rencontrer quand des brèches s’ouvrent ?

La fondation, l’été 2006, à Paris, de l’association des Avocats et Juristes pour le Liban témoigne d’une aspiration à résister à la force par le droit. L’association a consacré son premier colloque à une réflexion sur les engagements internationaux pris par le Liban et ceux pris par la communauté internationale envers le Liban ou pour son compte. À l’heure où la confiance s’érode dans la capacité du droit à réguler le désordre, le Liban, avec son histoire, sa complexité et peut-être grâce à ses paradoxes, serait-il la terre rêvée pour expérimenter ce que Mireille Delmas-Marty a appelé les forces imaginantes du droit ?

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